Maître Renard, Sire Corbeau

Maître Renard, Sire Corbeau
Ce fut longtemps déjà, La Fontaine l'eût conté
Mais le peuple en émoi, personne n'écoutait
Cette fabulas qui, en voulant amuser
Eût le dessein aussi, de faire bavarder.

Je la reprends ici, pour l'y actualiser
Que la morale se fonde, au gré de mes pensés
Et qu'elle s'égare en vous, épris du mal du monde
Aux creux de vos esprits, dont je ne capte l'onde.

Le décor est ici subitement planté :
Un oiseau, un matin ; un renard en chemin.
Cet oiseau, Sir Corbeau, un joyau à la main
Reste Maître Renard, qui voudrait le voir sien.

Ce dernier qui d'augure est un curieux vilain,
Aujourd'hui change d'humeur, l'animal est malin.
Car depuis quelque temps, une idée lui parvient :
C'est grâce aux compliments qu'il gagnera demain.

L'un parle, l'autre écoute. Mais qui est dépendant
De ce puissant adage qui défie l'ère du temps ?
La réponse est limpide, lorsqu'on sait qui défend
Par un brin de courage, un tout petit diamant.

Ainsi l'autre use, abuse de compliments
Pour pouvoir obtenir ce si petit présent.
Ci fait, notre orgueilleux mérite un châtiment
Qui lui sera donné par le rusé présent :

« Méfiez-vous désormais d'un trop plein de louanges
Qui réservent à tout homme un destin plus qu'étrange
Me voici, cher ami : je ne suis pas un ange
C'est pourquoi, quant à moi, votre destin m'arrange »


# Posté le vendredi 15 août 2008 12:55

Modifié le samedi 13 septembre 2008 13:06

Non, Rien de Rien

♪    Non, Rien de Rien
Ce soir j'ai 18 ans. 18 ans et la vie devant moi. Je prend le temps de m'arrêter et de regarder les traces que j'ai laissées : des cris de joie, des larmes, des bribes de rires, des pleurs... Je me retourne donc, et qui vois-je derrière moi ? toutes ces petites vies qui se sont accrochées à la mienne, de près comme de loin : Quelques amis, quelques connaissances insignifiantes, et eux. Toutes ces petites créatures qui ont parsemé mon ciel d'étoiles, mêmes de courts instants... tout ces petits êtres sur qui mes yeux de louve se sont posés... un jour, une nuit, au détour d'un couloir ou d'une allée. Tous je les ai désirés, et tous je continuerai de les chérir.

Mais le seul que j'ai aimé vraiment, celui à qui j'aurai pu tout offrir, tout donner, celui-là. Le seul. L'unique. Je l'ai perdu. Nous avons voulu jouer les enfants terribles, et j'ai appris à mes dépends qu'On ne badine pas avec l'amour. Alors mon c½ur, mis à nu ? çà y est, nous y sommes. Tu y a perdu ta reine, j'y a laissé mon roi. Et ton rêve ne s'est jamais réalisé, celui de me prendre dans tes bras, et que "tout redevienne comme avant". Pourtant je n'ai toujours voulu que ton bonheur.

Si je ne devais garder qu'un seul de ces souvenir, pour me rappeler ta personne, ce serait cette première soirée. Première et pourtant dès que nos lèvres se sont touchées, je savais que c'était déjà la fin. Le jeu de la séduction s'arrêtait ici, entre nos langues entremêlées. Je me rappellerai aussi d'un certain Ordre que tu m'avais donné, et que j'ai exécuté, comme un bon petit soldat. Et un jour, où je t'ai dit que je t'aimais : un sms dans un aéroport, beaucoup de larmes et un coeur sur un velux de salle de bain, là-bas, à Paris. Je me souviens du Jeu de la Vérité, je me souviens du Jeu du Mur... Et je me re-dis encore que tout cela ne sert à rien.

Si tu savais comme j'ai pleuré lors de cette dernière nuit passée à tes cotés. Pleuré que tu ne m'ai pas donné ce que je t'avais toujours refusé. J'écoutais chaque respiration de ton souffle, en me disant que je perdais quelque chose à tout jamais, une partie de vie, un morceau de souvenir. Pourquoi les choses ont elles évoluées de cette façon ? Minou, sache que dans la vie on est rarement seulement "deux". Je sais : Camille reste, Perdican aussi. Alors pourquoi ? Mais tu connais la réponse : Parce qu'il y a les autres, eux, nos amis, ceux de la classe, l'"élite"...

Une fin heureuse, j'y pense tu sais. Alors voila, je mets ces fotos (*), parce que je sais bien que ce sont tes préférées, mais pour le reste, tant pis. N'attend plus rien de moi. Pas de drame alors, pas de tragédie, ni même caprices ou scandale. Une fin, comme je te l'avais dit, simple, triste et fade, à la hauteur de mes espérances. Je ne pars pas victorieuse, je pars avec cette "tristesse" qui nous caractérise tous, ce goût amer sur les lèvres, et tout mes regrets. Et j'attendrais le dernier instant, la dernière seconde passé en ta présence pour savoir si je regrette de t'avoir connu. (*)


Ta petite chatte, fidèle et dévouée. Corps et âme si j'ose dire.

# Posté le vendredi 20 juin 2008 13:27

Modifié le vendredi 05 septembre 2008 02:46

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............Un sourire. Un sourire presque imperceptible. Une ébauche de sourire qui pourrait être une promesse de bonheur. Simple et fade. Si proche des sourires de l'époque ou je commençais à fuir, bilingue. J'avais de grandes espérances. J'avais 14 ans. A 16, je n'ais plus envie que d'éclater de rire. Mais jamais assez longtemps. Parfois insomniaque à force de vivre comme une somnambule, à force d'assister a mon existence qui ressemble a une publicité pour la vie, j'attends seulement le sommeil et mon avenir. Conforme. Tout tracé. Rempli d'enfants, de maris, d'écoles primaires, de supermarchés, de voitures, de résidences secondaires, de beaux-parents cons, de couples d'amis coincés, de confort bourgeois. Je n'echaperai pas à cette abomination ordinaire. C'est ce qui me plait. L'ordinaire. Le commun. Mais certaines nuits cela ne me suffit plus pour m'endormir. Mes journées et mes souhaits me poursuivent. Je me sens de plus en plus prisonnière d'un cercle dont je suis le centre. Où tout les objets désirables se trouvent à égale distance de moi. Ne sachant plus ce que je désire, je veux une chose et son contraire. Intoxiquée à force de tirer sur le bambou de la nouveauté à acheter, je n'aspire plus ensuite à rien. Dégoûtée. Prête seulement à vomir les foutaises fourrées dans ces bonbons éc½urants. J'appartiens sans me donner à cette génération de ceux qui n'ont ni soif de réussite, ni de révolte. Lutter contre quoi ? Un régime politique qui enrichit nos parents ? Lutter contre qui ? Des parents enrichis qui nous gâtent encore plus ? Lutter, mais nous ne sommes pas assez pauvres pour lutter. L'époque me cause un problème respiratoire. Elle me laisse suffocante. Moi aussi je suis une jolie punk, pas si mondaine que çà. Membre d'une génération que je nourris autant que je la pourris. Cette époque m'asphyxie. Cette insuffisance terne ne se remarque pas. Je ne toussote pas. Je ne m'étouffe pas. Mais j'étouffe cette carence en pleurant. Je suis le genre de personne que je déteste. Ces êtres faux. Ces pantomimes. J'interprète des rôles en permanence. Je joue le jeu de l'amour. De la lucidité. De l'amitié. Du bonheur. De la détresse. Mon préféré reste celui de la méchanceté. Incapable de faire de moi quelque chose de bien, j'ai fini par décider de me rendre encore plus détestable. Le plus jouissif dans cet exercice, c'est de voir les autres s'attacher à cette fille hautaine et vaniteuse. Hypocrite. Désinvolte. Cette cha qui vous fait du mal volontairement par son égoïsme. Son refus de vous appartenir, alors que vous vous m'appartenez déjà. Vous, les autres, tous. Vous attendez trop de moi et vous me donnez plus que ce dont j'ai envie. Et aucune de vos présences n'est assez vivifiante. La bêtise avec laquelle je me vois, de l'admiration absolue au mépris inconditionnel, je suis mon plus mauvais juge. Mais la critique de mon entourage est trop élogieuse. Mes parents me nourrissent de compliments et m'abreuvent de louanges depuis l'enfance. Régime n'imposant pas l'humilité. Pourtant je suis en quête de votre reconnaissance. Mais cette demande m'insupporte autant que vous car elle constitue l'aveu de mon infirmité. De mes frivoles tentations de dandysme. Dans l'ivresse et la débauche festive. Apathique. Sans aucune passion. Je me complais dans l'indifférence. Dans la mollesse et la mélancolie. Dans mes aveuglantes contradictions. Beaucoup ont un but dans la vie. En attendant ce moment, en attendant nos vies differentes, nos noëls differents, avec beaucoup de neige, de blancheur et de pureté, je m'ennuie. Je vous déteste. Et parfois dans ma solitude à 5h30 du matin, je traîne, dans la maison trop sombre de mes parents, et je voudrais juste oublier. Aujourd'hui quand je sourirai c'est pour me rendre désirable. Vous avez envie de pleurer ? Tant mieux. Moi aussi.

# Posté le vendredi 12 janvier 2007 13:19

Modifié le dimanche 24 juin 2007 14:19