Ce soir j'ai 18 ans. 18 ans et la vie devant moi. Je prend le temps de m'arrêter et de regarder les traces que j'ai laissées : des cris de joie, des larmes, des bribes de rires, des pleurs... Je me retourne donc, et qui vois-je derrière moi ? toutes ces petites vies qui se sont accrochées à la mienne, de près comme de loin : Quelques amis, quelques connaissances insignifiantes, et eux. Toutes ces petites créatures qui ont parsemé mon ciel d'étoiles, mêmes de courts instants... tout ces petits êtres sur qui mes yeux de louve se sont posés... un jour, une nuit, au détour d'un couloir ou d'une allée. Tous je les ai désirés, et tous je continuerai de les chérir.
Mais le seul que j'ai aimé vraiment, celui à qui j'aurai pu tout offrir, tout donner, celui-là. Le seul. L'unique. Je l'ai perdu. Nous avons voulu jouer les enfants terribles, et j'ai appris à mes dépends qu'On ne badine pas avec l'amour. Alors mon c½ur, mis à nu ? çà y est, nous y sommes. Tu y a perdu ta reine, j'y a laissé mon roi. Et ton rêve ne s'est jamais réalisé, celui de me prendre dans tes bras, et que "tout redevienne comme avant". Pourtant je n'ai toujours voulu que ton bonheur.
Si je ne devais garder qu'un seul de ces souvenir, pour me rappeler ta personne, ce serait cette première soirée. Première et pourtant dès que nos lèvres se sont touchées, je savais que c'était déjà la fin. Le jeu de la séduction s'arrêtait ici, entre nos langues entremêlées. Je me rappellerai aussi d'un certain Ordre que tu m'avais donné, et que j'ai exécuté, comme un bon petit soldat. Et un jour, où je t'ai dit que je t'aimais : un sms dans un aéroport, beaucoup de larmes et un coeur sur un velux de salle de bain, là-bas, à Paris. Je me souviens du Jeu de la Vérité, je me souviens du Jeu du Mur... Et je me re-dis encore que tout cela ne sert à rien.
Si tu savais comme j'ai pleuré lors de cette dernière nuit passée à tes cotés. Pleuré que tu ne m'ai pas donné ce que je t'avais toujours refusé. J'écoutais chaque respiration de ton souffle, en me disant que je perdais quelque chose à tout jamais, une partie de vie, un morceau de souvenir. Pourquoi les choses ont elles évoluées de cette façon ? Minou, sache que dans la vie on est rarement seulement "deux". Je sais : Camille reste, Perdican aussi. Alors pourquoi ? Mais tu connais la réponse : Parce qu'il y a les autres, eux, nos amis, ceux de la classe, l'"élite"...
Une fin heureuse, j'y pense tu sais. Alors voila, je mets ces fotos (
*), parce que je sais bien que ce sont tes préférées, mais pour le reste, tant pis. N'attend plus rien de moi. Pas de drame alors, pas de tragédie, ni même caprices ou scandale. Une fin, comme je te l'avais dit, simple, triste et fade, à la hauteur de mes espérances. Je ne pars pas victorieuse, je pars avec cette "tristesse" qui nous caractérise tous, ce goût amer sur les lèvres, et tout mes regrets. Et j'attendrais le dernier instant, la dernière seconde passé en ta présence pour savoir si je regrette de t'avoir connu. (
*)
Ta petite chatte, fidèle et dévouée. Corps et âme si j'ose dire.